L’impact positif de l’accès à la transition hormonale sur la santé mentale des jeunes trans

Une étude scientifique d’ampleur démontre ce que les militant-es trans disent depuis des années : donner l’accès à la transition aux jeunes personnes trans sauve des vies.

Le 14 décembre 2021, des chercheurs et chercheuses ont publié une étude menée auprès de 9000 personnes trans états-uniennes âgées de 13 à 24 ans, afin de déterminer l’impact des transitions hormonales sur leur santé mentale.

L’étude visait à “examiner les liens entre l’accès aux traitements hormonaux et les risques de dépression, de pensées suicidaires et de tentatives de suicide chez les jeunes personnes trans et/ou non binaires”.

Le constat est sans appel :

“Nos résultats démontrent que l’accès aux transitions hormonales est significativement lié à des taux plus bas de dépressions et de suicides chez la jeunesse trans et/ou non binaire”.

Les jeunes trans bénéficiant d’un traitement hormonal souffrent moins de dépression que les jeunes trans n’ayant pas accès à ces soins (61% contre 75%), présentent moins de pensées suicidaires (44% contre 57%) et font moins de tentatives de suicide (15% contre 23%).

Chez les plus jeunes trans, âgé-es de 13 à 17 ans, l’accès à un traitement hormonal permet de réduire de 40% les risques de dépression et de tentatives de suicide par rapport aux personnes trans de cette même tranche d’âge qui n’ont pas accès aux soins.

Le rôle des parents

L’étude pointe également le rôle des parents dans l’accès aux soins des enfants trans. 80% des jeunes ayant accès à un traitement hormonal recevaient le soutien d’au moins un de leurs parents. A l’inverse, moins de 4% des jeunes sans soutien parental ont pu accéder à des soins médicaux d’affirmation de genre.

Cela réaffirme l’importance du soutien parental dans la préservation de la santé mentale des jeunes trans.

Les chercheur-euses reviennent également sur les rhétoriques idéologiques qui nourrissent les refus de soins pour les jeunes personnes trans :

“Des taux élevés de dépression, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide chez les jeunes trans sont parfois utilisés par les politiciens et les militants anti-trans pour suggérer à tort que la transidentité est un problème de santé mentale qui peut être traité par des thérapies de conversion et un accompagnement. Ces personnes ignorent les impacts de la dysphorie de genre et du stress que peuvent ressentir les minorités.

Elles suggèrent que l’accès à un traitement hormonal n’est pas nécessaire si les jeunes trans sont conseillés pour qu’ils acceptent mieux le sexe qui leur a été assigné à la naissance. Les résultats de cette étude démontrent que l’accès à un traitement hormonal permet de réduire les disparités en matière de santé mentale et de suicide chez les jeunes trans et non binaires.

De plus, les preuves déjà existantes suggèrent que le taux de regret est faible pour les personnes trans ayant reçu un traitement d’affirmation de leur genre, avec notamment une étude portant sur 55 adultes trans qui avaient bénéficié de traitements hormonaux à l’adolescence. Cette étude conclut qu’aucun des patient-es n’a de regret”.

D’autres études le confirment

Ce n’est pas la première étude qui atteste des effets positifs des transitions médicales sur la population globale des personnes trans.

Une étude de grande ampleur publiée dans Jama Network en avril 2021 analyse les résultats d’une enquête menée en 2015 auprès de plus de 27000 personnes trans à travers 50 états états-uniens.

Elle conclut « une association significative entre les chirurgies d’affirmation de genre et l’amélioration de la santé mentale” des personnes trans, en prenant en compte des facteurs comme la consommation d’alcool, de tabac, les pensées suicidaires et les tentatives de suicide.

L’urgence d’aider les personnes trans mineures

Amy E. Green, une des chercheuses à l’origine de l’étude publiée ce décembre, s’alarme dans un communiqué de presse :

Ces données devraient servir d’appel à l’action pour résister aux interdictions générales des soins médicaux d’affirmation de genre, et investir dans davantage de recherches sur ce sujet afin que les jeunes et leurs familles puissent prendre des décisions éclairées concernant les soins requis (…) Il est essentiel que tous les jeunes trans et non binaires du pays aient accès à des soins médicaux d’affirmation de genre, centrés sur le patient et fondés sur des preuves”.

Tal Madesta


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